Cahier de Curiosités 2001
En exergue de ce Cahier de Curiosités ces phrases notées en avril 1996
" Un oiseau, un scarabée, un papillon invitent à la même contemplation fervente que nous réservons aux Tintoret ou Rembrandt mais notre oeil a perdu sa fraîcheur de regarder ... " Claude Levi-Strauss

et celle de J. L. Borges :" J'exerce mon art avec le sérieux d'un enfant qui joue "

Pendant tout le printemps et tout l'été 2001, Frédéric Clément a égrené sa Collection de Coeurs ,
un trésor inestimable. Selon l'humeur et le temps : coeurs de Tanger, coeurs de Paris, coeur de Tokyo,
de Marrakech ou de Louqsor... toutes ces traces amoureuses enfermées depuis trop longtemps ...
coeur n° 3,1992, sur une porte du couvent des Recollets - Paris X
coeur n° 2, 1992, sur un mur du couvent des Recollets - Paris X
coeur n°1, 1992, rue Paulin-Méry - Paris XIII
coeur n° 5,1999, sur les marches
de la passerelle, entre le quai de Valmy et le quai de Jemmapes - Paris X
coeur n° 6,1999, quai de Valmy
au coin de la rue Poulbach -Paris X
coeur n° 4, 1992,rue des Recollets - Paris X
coeur n°7, 1999, rue de la Grange aux Belles - Paris X coeur n° 8 et 9, 1999, rue de la Grange aux Belles - Paris X
coeur n°11, 1999, entre le 2 et le 4
rue des Volubilis - Paris XIII
coeur n°12, 1999, 3 rue du Petit Musc - Paris IV
coeur n°10, 1992, passage Dubail - Paris X
coeur n°13, 1999, jardin du Luxembourg - Paris V coeur n°14,1999, quai des Tuileries -Paris 1er coeur n°15, 1996, rue des Francs-Bourgois - Paris IV
coeur n° 18 - 1996, rue de la Colonie
-Paris XIII -
coeur n° 17 - 1996, Villa Seurat
-Paris XIII - où ont vécu Anaïs Nin
et Henri Miller
coeur n°16, 1992, rue de Lappe
- Paris XI
coeur n° 21 - 1996, sur la tombe d'Oscar Wilde, cimetière du Père Lachaise - Paris XX -
coeur n° 19 - 1996, Montmarte-
Paris XVIII -
coeur n° 20 - quai du Louvre
- Paris 1er -
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coeur n° 22 - 1996, rue de l'Equerre-
Paris XIX -
Petite Chronique d'une Création, mots distillés du 27 janvier 2002 au 25 mai 2003

Dimanche 27 janvier,

Depuis plus semaine, des réveils bien avant l'aube, très avant les premières trilles des merles amoureux, avant le fracas des bennes à ordures, et bien avant les premières flèches d'or et d'Orly, tirées de l'aéroport ......
à l'heure où "Paris s'éveille", Monsieur Myrrhus (mon Mac), mes mains et moi , on cliquète.On claquette les premières phrases. On pianote les premières notes sur le clavier. Les premiers sons . Premiers pas, premiers trots du prochain texte,
du prochain roman...

Les premiers mots, provisoires :

" Les Héaux de Bréhat. Calme plat. Nuit du 21 janvier 1887.
4 heures. Ennui du 21 janvier 1887. Pas de lune. Pas sommeil. Mer d’encre de poulpe. Tentacules flasques autour du phare, luisantes, gluantes. Mon camélia et moi, on vigile par la lucarne.On guette.
On végète.... "


Dimanche 10 février,

Treize jours que je partage mon temps entre mon alcôve d'écriture, le matin, côté est, orient, lever de soleil ... et le Marais, rue Pavée, à la Bibiliothèque Historique de Paris, plein coeur de la ville, à deux épines de la rue des Rosiers.
Hôtel de Lamoignon. Ambiance bruissante, cliquetante, bruit des charriots chargés de livres vieux toutes les demi heures. Distribution...

Quelques mots distillés, encore, en secret, pour les attentifs visiteurs de mon Muséum...
Latitude 48°54’563’’ Nord. Longitude 03°05'094’’ Ouest... Quelques nouvelles d'un garde phare,

... "Il avait neuf boutons, mon camélia. Neuf comme les neuf boutonnières du phare des Héaux. Juste neuf boutons
à sa vareuse de feuilles cirées. Et sur le neuvième bouton, en haut, une carte de carton, la photographie d’Adèle-Marie,
toute droite, avec sa coiffe comme deux ailes blanches. Dans ses bras le camélia, et des mots écrits à l’encre violette
qui lui sortaient de la bouche. Qui disaient :


" Il parle plus que ta petite Adèle-Marie, ce camélia-là. Ecoute-le donc. "

Faut dire qu’elle est muette, Adèle-Marie. Et sourde aussi. Elle a jamais parlé. Les gens de l’île l’appelle la Mouette.
La Mouette de Bréhat. Rapport aux cris qu’elle sort quand elle veut dire." .............................................................



Dimanche 17 février,

Cette semaine, juste un flacon de mots pris au hasard sur l'étagère... :

... " Voilà. J’ai pris de dessus mon armoire le registre des Phares et Balises, le gondolé, le naufragé, le tout tordu comme
une ferraille de steamer échoué, celui qui a pris l’eau à l’automne, quand la vague de suroît a arraché la porte, s’est engouffrée
dans le phare par le bas, a tout sucé le puits sur son passage, tout léché. De la soute jusqu’au quatrième étage.
Le registre rescapé, le recraché, retrouvé parmi une chaise cul-de-jatte, une paillasse éventrée, des papiers, des bidons,
des conserves cabossés deux jours plus tard sur les rochers du plateau, les Epées de Trégier, à basse mer.
Une semaine à sécher dans la lanterne au feu du phare. Le gardais pour presser mes feuilles de tabac.
j’écris dessus, là, maintenant. On écrit. Mon camélia et moi.".................................................


Dimanche 24 février,

Depuis des jours, à la BHP, je déambule, loupe à la main, sur les cartes, les plans poussièreux d'un Montmartre des années 1880-90... Je traque la fontaine Saint-Denis, à deux pas du Chateau des Brouillards, de la rue de l'Abreuvoir... Paris XVIIIe arrondissement... je fouille quelques cryptes de gypse dans les carrières de la Butte, longe chemins de plâtre, pavés luisants de la rue des Saules...

Au compte gouttes, quelques mots, quelques échos des bottines d'Eulalie-la-Roussette sur boulevard de Clichy, quelques pas sur le boulevard Rochechouart :

... " On goûte. Mon camélia et moi. On frôle. On se réchauffe les doigts. Froid piquant, boulevard de Clichy. Eulalie rentre.
Mon camélia et moi, on suit. On respire les bouillons de jupon. On longe les mollets. On lorgne. On ose pas franchir le manteau entrouvert, vert émeraude. On rôde autour. C’est tout. " .......................................................

    et...

..." Baraques bouclées. Tout dort.
Juste des grincements de dents de mangeur de clous. Des flots de rots d’avaleur de grenouilles. Chapelets de pets de dresseur de puces. On passe. Une léchante petite brume se frotte aux jambes d’Eulalie. Cris d’enfants. Cris de chats. Qui miaule ?
Qui crie ? On sait pas. Les chiens grognent. Les forains ronflent. Déjà. On entend tout. Quinte de toux du cracheur de feu. Soupirs de femme-tronc et râles de l’homme-singe. Sanglots. Gémissements. Gloussements des sœurs siamoises qui
se donnent des plaisirs. Sans doute. Clapotis. Et la femme à trois seins suçote l’homme-obus." ..................................

Echos du tout. On entend.


Dimanche 10 mars,

Toujours ce mouvement de balancier. Tempo de mon temps. Matin en compagnie du jasmin, devant la fenêtre, à l'est, écritures en attendant le jour... L'après-midi du côté de la rue des Rosiers, Paris,Marais, Bibliothèque Historique de Paris. Oreilles aux aguets: mars 2002, bruits de pages, chuchotements, grincements du charriot chargé de livres, toutes les 30 minutes. Janvier 1887, fracas de d'écume et froissement de jupon, filé d'un lacet de corset... et ...

et ...
... et quelques quelques vagues de mots roses du phare des Héaux :

..." 26 janvier. Crachin. De la galerie, ce matin, avant de monter, posé des lignes. Pas vraiment pour pêcher. Non. Lancé des fils comme des amarres. Pour pas filer. Pour pas dériver. S’accrocher pendant l’attente. Mes trois longs bouts tendus comme des filins, côté Tréguier. Le vent serine des airs dessus, sauvages. Laisse au passage des touffes d’algues brunes. Des mèches blondes. Des cheveux roux.
...
Là. Nouvelles du petit camée. Du camélia et de son bijou. Du bouton de nacre. Du petit sacré. Du joyau des Héaux. Qui renfle.
Qui pousse. Mamelon de fillette. Mat et timide entre les feuilles d’ombres vernies. On guette la métamorphose. On ose. On ose pas. Ma langue en pointe, je touche. Je liche de temps en temps. "........................................


Samedi 23 mars

Pain d'épice de la foire du Trône, place de la Nation, guimauve, loteries, pommes d'amour. Baraques baroques. Entesorts étranges. Celui de la femme-toupie aux seins de montagnes russes. L'homme-obus amant fougueux de la femme-ficelle. Les entresorts de Physique Amusante , les galeries des glaces... Tournis. Je tourne des centaines de pages. Je fouille des dizaines de livres à la recherche de détails, d'informations. Depuis quelques après-midis un personnage m'intrigue, dans ces années 1885-95: Nouma-Hawa, dompteuse de fauves indomptables. Nouma-Hawa et ses lions d'Abyssinie, ses tigres du Bengale. Maillot rose pailleté, crinière sombre et yeux de pluie. Cette femme venant d'Orient, drappée dans sa cape de nuit bleu avec queues d'hermines. Nouma-Hawa, Rosée du Soir... Du bout du doigt, je suis ses traces... Ne suis pas le seul...
...et

    ...et quelques mots, quelques confettis, quelques bigorneaux :

... " Depuis 9 heures, sur le fil d’horizon, collier de cargos. Un paquebot, fumeur de londrès, dès le matin, comme toujours.
Vers 11heures, une procession de Pentecôte, un steamboat, noir comme un vieil abbé, suivi de ses enfants de chœurs, sa petite troupe de benedicamus en aubes blanches, ses caboteurs envoilés de frais. Un vrai chahut. Le tout, derrière une légère gaze en brume de coton. On a ri, mon camélia et moi. On a ri. Mais.

Main. Mais ma main. Mon amarre de tribord a piaffé. Mon crabe de droite a gratté sur le bois de la table de veille. Toute la journée. Envie de galoper sur les plages. Tout le jour à tambouriner. Un vrai tapamort. Un tambour d’enfer qu’elle m’a joué, ma main de tribord. Malgré moi. "



Samedi 30mars

Semaine entrecoupée par le salon du Livre de Paris. Vrai plaisir de retrouver de fidèles lecteurs. Coeur bourgeon. Coeur en fleur.

... et quelques mots , quelques paillettes de mots, quelques pas, en confidence, danse:

..." Au nord-est. Loin. Le phare des Roches-Douvres fait son œillade blanche. Soir. La danse reprend. On va le payer, notre écu de soleil. Elle nous entame une grande gigue de shabraque, la mer. Là devant. Jupons entre les dents. Les gigolettes à l’air. Elle se secoue. En transe, la Manche. Et la panse pleine. Elle nous rote son haleine de harengs salés. Elle nous lâche son gluau de goélands sur la galerie, par paquets de douze.

Bien sûr que j’entends son raffut. Bien sûr qu’on voit son bataclan, mon camélia et moi. Mais on est pas là. On fait l’Adèle-Marie. On est sourd. On est muet. On fait silence. On se recueille sur le registre d’En Bas. " ...



Dimanche 14 avril,

... Retour d'une semaine, en résidence d'écrivain dans la "Maison Louis Guilloux" à Saint-Brieuc, côtes d'Armor... But : cueillir des informations sur la vie quotidienne dans les phares, avec l'aide de la Fédération des Oeuvres Laïques. Une matinée d'entretien avec Henri Richard, gardien de phare au cap Fréhel, ancien gardien aux Héaux de Bréhat , aux Sept-Iles, à Triagoz, et même dans l'enfer des phares,à Ar-Men. Casquette écussonnée d'une ancre, yeux clairs et malicieux, barbe blanche et ventre en avant. Précieuses cueillettes d'informations aussi auprès de Guy Prigent, commissaire de la prochaine exposition "Phares et Balises ", au Château de la Roche-Jagu ( à partir du 25 mai 2002). Longue errance, seul, sur l'Ile de Bréhat. Photographies. Algues dans des bocaux. Plantes entre les pages de mon carnet. Noté des noms dans le cimetière de Bréhat : Sehan, Le Querhic, Le Kerjolis, Guenanen, Le Guodinec... Rêveries dans la lande autour du phare du Paon, à la pointe de l'île. Les camélias presque passés fleurs...


Jeudi 23 mai,

... De nouveau, depuis quelques jours dans le pays des vents tournants. De nouveau dans le pays briochin. De nouveau dans la Maison Louis Guilloux, à Saint-Brieuc... La tête qui tourne, de nouveau. Matin en compagnie des merles, écriture devant le cerisier secoué. Après midi glanneries d'images en compagnie des crabes, des crevettes transparentes et discrètes, des mouettes, des cormorans guetteurs... Hier, plage des Roselières, dans ma collection d'images: un chateau de sable, une forteresse tartare, dans les rochers un squelette de chien échoué, gueule figée dans une dernière rage...


Dimanche 26 mai,

Aube et mots dans la Maison Guilloux. Pas un soupçon de rose aux cerises vertes du cerisier secoué... Les merles s'égosillent . Ne sais pas si je vais réussir à contenir leur impatience...
Les rouleaux de pellicules Tri X s'alignent sur le rebord de la fenêtre... Un ou deux minuscules extraits du "Phare" :

... " 2 février. 5 heures. Chandeleur. C’est toujours la Chandeleur pour les gardiens de phare, pour l’Eugène, pour moi. Dame, on vit dans une chandelle. Une grosse chandelle posée sur un caillou. Un cierge sur un enfer d’eau "....

... " S’est rien passé pendant trois jours. 4 février. 5 février. 6 février. Boutons bouclés du camélia. Pas le goût à rien. Je suis le garde-rien. Je veille sur rien. Je guette du rien. Vagues de rien qui rasent les roches des Héaux. Nuages de rien qui poissent les vitres de la lanterne. Le défilé des petits riens à voiles, des gros riens à vapeur. Bancs de rien d’argent qui tournent autour du phare. Rien à l’horizon. Ou presque. Juste du rien gris qui dégoulinent le long. " ...


Samedi 1er juin,

... Après un journée de rencontres à Pordic, à une envolée de Saint-Brieuc... Les originaux du Livre Epuisé, du Magasin Zinzin exposés à la Médiathèque. Chaleureux samedi, bulles champêtres et buffet champagne en fin de journée. Rires et lumières dorés. Passage sage d'un mariage... la mariée fleurie, des roses aux joues, chapeau de crème anglaise et bouquet de gardénias, le marié en costume de granit gris, le tout sur tempête de binious et combat de cloches,..

Avant. Lundi 27 mai, chasse aux vents à la pointe du Paon , sur l'île de Bréhat, cueillette de reflets dans les p'tits jardins d'algues... Retour le soir, le cuivre au front. Dans des seaux de fer blanc, ma pêche de jeunes vagues, dans des sacs-plastique, ma chasse de vents sauvages
Le tout turbulant dans le coffre de l'Auto-rouge. Juste le temps de les étudier , et je les relâche dans l'estan cette semaine...

Et. Quelques phrases du " Phare " :

... " 6 heures du soir, déjà soupé, cambuse. Tous les gris-gris d’Adèle, toutes les amulettes de Marie étalés sur le Registre d’en Bas. Sa petite photographie griffée et l’acre filet de fumée d’une feuille d’eucalyptus. J’en ai mis quelques bouts dans ma pipe. Je tousse. Me penche à la lucarne. Je souris et en même temps je serre les dents. J’ai reculé, mon reflet m’a flanqué la trouille.

Derrière le camélia, entre les feuilles, les éclats du phare de Bréhat. " ...........



Dimanche 16 juin,

Saint-Brieuc : Une quinzaine riche en rencontres, en fleurs de peau (la si émouvante lecture d'extraits du Galant par le conteur-comédien Paul Blin. De nombreux, de chaleureux témoignages lors de séances de dédicaces. Souvenirs des sourires pendant cette Fête des mots Familiers. Fin de l'exposition dans la grande galerie de La Passerelle, à Saint-Brieuc. Beau lieu , belle salle , bel éclairage...

Demain, lundi, 17 juin :
Penser à me lever avant les merles de l'aube ... Reprendre le fil de l'écriture... Retrouver Jules et les éclats du Phare des Héaux...


Dimanche 4 août 2002,

Retour à l'atelier. Retour à l'alcôve d'écriture. Le jasmin devant ma fenêtre est mort cet été. Grillé.
Fin juillet, lors d'un de mes passages à Paris: Emotion. Tenu entre mes mains le premier
Mille et une Nuits, le premier livre enturbanné pour le bon à tirer, encore tout chaud de Chine, pays de sa fabrication... Des palettes lourdes de mon bleu Nuit doivent s'acheminer lentement à bord d'un cargo en ce moment pour accoster fin août dans un port de France
....

les mots de ce printemps, de cet été 2002 - ma chronique de création - peuvent être lus dans le Cahier de Curiosités... il suffit juste d'effleurer ce pétale, là ...

Lundi 21 octobre,

Retour d'une semaine en résidence à Vitry-le-François. Muséum monté au théâtre par la Compagnie Théarto: frissons dans le dos, larmes aux yeux : c'est beau. Beau à frissonner. Beau à oublier de respirer. Apnée. Plus tard d'autres commentaires ...


jeudi 14 novembre,

Entre deux salons. Entre trois sourires de lecteurs. Entre quatre clins d'oeil. Entre cinq petites étoiles entre les cils...Tous ces témoignages me ravissent, me donnent du coeur à l'ouvrage...
Alors...
Scanner, découper, imprimer, coller, hésiter, choisir, trancher, mettre bout à bout les centaines de photos récoltées sur les plages et les iles des Côtes d'Armor ce printemps, cet été...
Maquette.
Le Gardien-phare, garde-fleurs ( titre provisoire), le prochain livre, prend forme. Je taille dans les vagues, je cisèle les coquillages, je pétris les vents, je file le sable, je burine les rochers. Je mets en boîte... Pourtant plus le temps passe, plus me monte une inquiètude, un poids, une préoccupation : Je dois faire encore ces photographies de femmes et les modèles me manquent... Recherches.


lundi 18 novembre,

Retour de Toulon. Salon. Secoué de tempêtes. A la tombée du jour, l'émouvante image des spirales d'étourneaux tourbillonnantes, s'effilochant, se rassemblant au dessus de la place... Leurs chutes dans les platanes. Pierres de plumes. Feuilles-oiseaux... Beau à couper le souffle.

Puis, nuit. Trombes d'eau. Le Boeing secoué. Ailes blanchies d'éclairs. L'Oiseau-feuille a atterri...

Lundi. Reprise de mon découpage de vagues, de vents, de plages...


lundi 25 novembre,

Périple autour de Clermont-Ferrand accompagné de Patrick Gay-Bellile, comédien qui lisait, qui disait avec chaleur, de lieu en lieu, des extraits de Muséum,du Galant, du Livre Epuisé... Auprès des élèves de seconde de Mme Yolande Brenas du Lycée Ambroise Brugière, lectures, discutions ( et dégustation) à la bibliothèque d'Aubières, auprès de détenus de la Centrale de Riom, à l'Ecole des Beaux-Arts de Clermont, ... Beaux souvenirs des sourires des détenus, têtes inclinées, attentifs, émus, je crois, par l'histoire du Livre Epuisé...certains agés, d'autres jeunes... à la petite bib. de Saint Amand-Tallende aussi. Moments gravés dans mes paumes, derrière mes tempes, sur la chataîgne de mon oeil... Un signe de la main à vous tous... Un coup de chapeau à "l'Agence", comme ils disent... à l'Agence du Livre en Auvergne, à Nicole Combrezou, qui a organisé, comme chaque année cette Littinérance en Auvergne. Merci à vous. Merci pour ces instants... cléments ...


lundi 3 février

Silence de quelques semaines. Quelques mois. Concentré sur le texte du gardien de phare... Corections. Le titre trouvé, en point final. Hésitation... Travail sur les photographies, la maquette...
Et des orages. Et la neige. Et le ciel de coton gris de Paris. Et du plomb. Et des bougies. Chandeleur.
Préparation de ce voyage en Chine. Taiwan, embarquement dimanche 9 février. Trac de découvrir Le Galant de Paris dans sa version chinoise. Plaisir aussi.

mercredi 13 février,

Atterrisage à Taiwan le 10 février. Pour mon anniversaire, le 13, ou presque, comme un cadeau, émouvant, magnifique, est sorti
Le Galant de Paris
en Chine chez Huan Liou Publishing (http://www.ylib.com et http://www.ylib.com/author/clement/index.htm )

        Le Galant de Paris , version chinoise, paru en février 2003 -Yuan Liou Pubblishing , Taiwan

Samedi 8 mars,

Depuis jeudi, ma vedette, mon étoile, ma star est sur le bord de ma fenêtre. Elle se pavane, se tourne, sirote le frisquet soleil levant, les trilles de merle et la rosée... Depuis deux jours, je la déplace. Chaque matin, je la dépose sur sa stèle. Je l'éclaire. Photographies au jour le jour... Depuis deux jours je vis pour /avec un camélia. Mon camélia rosit de plaisir sous mon Nikon...
Je guette ses frissons. Je récolte ses émois. Je lui vole ses images, ses fleurs de chair, ses frémissements pour mon livre du phare des Héaux...
Petit secret , le sous-titre sera :

          " Confessions argentiques d'un gardien de phare " ...

Parallèlement, notre petite affaire de coups :

avance... il se fabrique les premiers coups... Photogravure cette semaine des coups de folie, des coups d'envoi ...



Vendredi 14 mars,

Mon Camélia et moi, on a placé depuis dimanche une petite lumière sur le bord de la fenêtre, qui tremble,

          qui crie.Qui dit. Gare, gare. Pas guerre. No war

            On espère, mon camélia et moi ...

Dimanche 25 mai,

Depuis le dimanche 18 mai, fin de ...

              Bel œil

          Confessions argentiques d'un gardien de phare

Depuis une semaine, je descends de mon phare... Vertige et vide...Vague nausée.


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